jeudi 7 janvier 2016

NOTRE RANDONNEE A BENI BOUATTAB WILAYA DE CHLEF (EL ASNAM)

      NOTRE RANDONNEE A BENI BOUATTAB

Nous avons interviewé Monsieur Yahiatène Yahia, chef de la daïra d’El Karimia, qui est dans la région depuis Novembre 2004. Il nous donna des statistiques concernant sa daïra dans tous les domaines.
Superficie : 294 km 2
48682 habitants au dernier RGPH de 2008 dans les trois communes qui constitue la daïra (El Karimia – Harchoune – Béni Bouattab)

Pour ce qui est de béni Bouattab qui avait vu régresser son nombre d’habitants durant les derniers évènements s’est vu reprise et nous constatons un retour assez conséquent des populations. Nous les avons  attirés par la construction rurale, par les prêts pour l’agriculture etc...
Nous avons des limites avec deux wilayas, Tissemsilt et Aïn Defla.
1200e  et maintenant 2063 actuellement (RGPH 2008
Nous avons plus de 1500 constructions rurales terminées et nous avons encore 300 en cours. La région est à vocation agricole. Les habitants sont enclins à l’arboriculture surtout les oliviers, les amandiers et les figuiers car c’est des arbres robustes qui résistent en matière de sècheresse. C’est des arbres fruitiers et qui permettent de faire face à l’érosion sur les berges de l’Oued et du barrage.
Il y a aussi les cultures maraîchères sur les berges de l’Oued Fodda.






























Les communes qui sont en marge des grands axes routiers ont dans le passé souffert d’une certaine marginalisation mais actuellement, il y a un certain regain d’activité dans la région et cela se remarque dans le mode de vie des habitants de la région. D’ailleurs cela nous a créé un certain problème de circulation à l’intérieur, surtout à l’intérieur du village d’El-Karimia. Nous pouvons dire une chose, c’est que nous avons annihilé complètement l’habitat précaire.

Pour ce qui est de l’autoroute, nous avons nos projets car c’est une réalisation qui aura des retombées économiques certaines sur la région. C’est une zone agricole et pourra se développer dans ce sens.
Dans le sillage des orientations de Monsieur le wali de Chlef, nous pensons à l’avenir fructifier le tourisme de montagne qui pourrait apporter un plus à la région avec les deux grands barrages, celui d’el Karimia et celui de Béni Bouattab. Nous pensons même à créer des auberges de jeunesse afin d’attirer les jeunes et mêmes les associations sportives. Des clubs pourraient être créés dans le domaine des sports aquatiques. Pour ma part, je pense qu’il y a beaucoup de choses à faire, je sais que je ne pourrais peut-être pas construire tout le mur mais j’essaierais par tous les moyens de poser mes premières pierres pour laisser le soin à ceux qui prendront la relève de continuer l’élèvation de ce mur à l’avenir.
La région est à vocation agricole et je pense qu’elle pourrait apporter un plus surtout en matière de céréales et en arboriculture.

A  huit heures, mes amis, en l’occurrence, se sont présentés comme à l’accoutumée et me prièrent de monter pour prendre le départ vers la commune de Béni Bouattab afin de faire sa toponymie et faire une randonnée qui nous permettrait de visiter tout le territoire de la commune et pouvoir ainsi donner une vue générale des différentes points essentiels composant la commune de Béni Bouattab.
Nous avions pris la route par le parc d’attraction de Chorfa, en passant par Lalla Aouda et la cité « Gaz » pour déboucher sur la route menant à Sendjas. Au passage, nous avons revu en défilé les bâtiments de la cité de la Concorde jouxtant la route qui devait nous mener vers Béni Bouattab en passant par El-Karimia. La route commençait à s’étirer et mes amis et moi étions pressés de pouvoir admirer les sites naturels de montagnes et de gorges qui composent la commune de Béni Bouattab, juchée sur les pics des montagnes qui se disputaient l’espace aérien avec le pic de l’Ouarsenis culminant à plus de       mètres. Nous venions de dépasser Béni Ouadrène en tournant à gauche et prenant la route qui devait nous mener vers El Karimia où devait nous attendre le secrétaire Général de la Daïra, qui avait reçu des instructions de Monsieur Yahiatène Yahia, Chef de Daira pour nous prêter main forte et nous assister pour remplir notre mission qui n’est pas si simple et si dérisoire comme le pensent certains. Nous avions parcouru une vingtaine de kilomètres et nous étions en vue du village d’El-Karimia. Il était presque huit heures trente du matin. Nous nous dirigeâmes directement vers le siège de la Daïra où nous avions trouvé le Secrétaire Général qui nous attendait. Il avait pris soin la veille de demander au Président de l’APC de Béni Bouattab de ramener une voiture pour notre usage durant notre périple sur le territoire de la commune de Béni Bouattab. En effet, Monsieur   Zirar Mohamed, premier vice-président de l’APC ainsi que Mohamed Cerbah, le chauffeur de l’APC nous attendait avec impatience.
Les présentations furent faites et nous sommes sortis de la Daïra en compagnie de nos deux hôtes. Avant de monter dans la Toyota, nous avions lié connaissance avec Monsieur Zirar qui est d’une jovialité exemplaire, un sourire angélique aux coins des lèvres vous mettait tout de suite en confiance et vous amenait à croire dur comme fer que vous êtes en face d’un homme d’une certaine trempe et d’une certaine noblesse de cœur.

Je vous raconte ici une certaine anecdote qui a vu le jour lors de notre prise de contact, en entendant le nom de Zirar on s’est permis de demander à notre hôte s’il avait des liens avec les Darazirar de Ténès qui avaient effectué leurs études avec lui au Lycée. Monsieur Zirar, avec une pointe d’ironie nous raconta effectivement que lorsqu’il était au lycée, il en avait rencontré un parmi eux et qui était élève au Lycée d’Orléansville. Pour leur prise de contact, Monsieur Zirar dit à l’un des Darazirar : « Est-ce que nous sommes de la même famille ? Je ne sais pas, mais pour ma part, je crois que les Zirar devraient faire une ronde pour devenir les Darazirar et alors la boucle familiale serait fermée, alors, après cette pique joviale et amicale, les deux élèves du lycée d’El-Asnam devinrent des amis et à chaque occasion ils ressortent leur ronde pour expliquer que même s’ils ne sont pas de la même famille, de par cette anecdote, ils sont devenu amis.

Nous montâmes dans le véhicule Toyota à double cabine et nous prîmes le chemin vers les hauteurs que nous ne pouvions peut-être jamais imaginer d’atteindre un jour durant notre vie.  La route continuait toujours de monter. Par moments, nous remarquions des sites inouïs et nous demandions à notre chauffeur Mohamed de s’arrêter pour pouvoir filmer et prendre des photos. Nous avions soif de nature et nous voulions toujours prendre en photo le plus petit espace et le plus petit coin de nature. Nous étions avides de connaître et de rendre nôtres ces espaces, combien purs et combien inaccessibles par endroits. Nous nous arrêtions à chaque fois, tellement que le paysage demandait à être photographié et nous invitait à enfouir dans la mémoire de nos appareils la sublimité de ces espaces encore vierges de ces pics et de ces gorges qui trônaient là dans une certaine austérité joignant la noblesse et la richesse d’une nature luxuriante qui ne demandait qu’à être connue et reconnue comme étant le poumon par lequel respire l’être humain.

Ces espaces encore vierges sont d’une beauté qui ne peut être couchée sur papier. J’éprouve par moments l’impossibilité de pouvoir définir celle-ci et je reste en extase devant ces magnifiques contrées non encore foulées par le pied de l’être humain. La voiture grimpait sans discontinuer sur la route en lacets étroits. Nous surplombions maintenant les communes d’El Karimia et de Harchoune. Nous nous sommes arrêtés et nous remarquions la plaine du Chéliff à nos pieds qui s’étendait de la Wilaya de Aïn Defla jusqu’aux confins Ouest de la Wilaya de Chlef.  Notre projet nous donnait la forme et la dimension que notre tâche n’était pas aisée et que malgré les difficultés que nous éprouvions, nous étions persuadés au plus haut point que nous serons les ambassadeurs des ces hauteurs auprès des générations futures qui pourront goûter le luxe de voir ces paysages éternisés sur vidéo, et sur photos agrémentés d’un texte riche en description par des auteurs qui ne demanderont qu’à être lus à l’avenir. Notre premier objectif était le barrage sur l’Oued Fodda. Après avoir grimpé en voiture les routes sinueuses qui nous menaient vers les hauteurs, généralement réservées aux aigles et aux vautours, nous sommes arrivés en vue du Barrage de l’Oued Fodda.

De grands canons, encore vierges, pourfendent tout le territoire de la commune de Béni Bouattab. Ces tranchées semblables aux rides d’un vieil homme usé par les temps vous invitaient à philosopher et à penser combien est riche notre pays de par sa diversité géographique et culturelle.

Arrivés au barrage, nous avions été reçus par la garde communale avec tout honneur et toute amitié. En effet, nous étions chargés par Monsieur le Wali de Chlef, Monsieur Djemaâ qui a fait sien notre projet et nous a donné la possibilité de pouvoir ainsi concrétiser notre objectif de mettre à nu toutes nos communes sur tous les plans qu’ils soient artistiques, culturels, agricoles, naturels,  humains, sociologiques et historiques en un mot. Arrivés sur les lieux, nous fîmes la connaissance du Directeur du Barrage, Monsieur El Hadi, qui se fit un devoir de nous présenter l’édifice tant du point de vue technique que du point de vue économique et agricole. C’est un poumon par lequel respire cette contrée sauvage et par la même, toute la vallée du Chéliff.
C’est une construction attenante au barrage de l’Oued Fodda et qui date des années 1920 et qui avait servi à abriter peut-être les différents chefs de projet du Barrage de l’Oued Fodda. Elle est là, gardienne de secrets des algériens qui se sont échinés dans la construction de ce barrage au cours de laquelle un incendie avait éclaté et emporté plusieurs dizaine de morts parmi les populations autochtones qui y travaillaient. Le projet fut arrêté pendant plusieurs années mais comme nécessité oblige, les travaux ont repris jusqu’à la finition de ce dernier.

Nous sortons du tunnel pour descendre au Barrage et voir de plus près de quoi il retournait. Nous descendions de quelques dizaines de mètres dans une route en lacets étroits. Notre hôte, en l’occurrence, Monsieur El Hadi, nous dit que la seule route qui devait nous mener vers Béni Bouattab se situait sur le mur du Barrage et que c’était un passage obligé pour tous ceux qui voulaient rejoindre le hameau de Béni Bouattab, juché sur les hauteurs de la chaîne de montagnes de l’Ouarsenis.Nous avons pris soin d’éterniser dans la mémoire du temps notre passage au Barrage de l’Oued Fodda par cette photo souvenir sur la passerelle de contrôle (de Gauche à droite : Monsieur El Hadi, Directeur du Barrage, Monsieur Tiab Mohamed, Président de l’Union des Ecrivains Algériens – Union locale de Chlef, Monsieur Boudia Mohamed, écrivain  et Monsieur Zirar, vice-président de l’APC de Béni Bouattab) Monsieur Chioune Abdennour, écrivain et homme de théâtre ne parait pas sur la photo car c’était lui notre photographe auquel nous adressons toutes nos excuses pour l’avoir omis sur cette


  Lorsqu’on se prend à regarder ces contrées sauvages non encore foulées par le pied de l’être humain, nous mesurons la portée de la beauté de ces lieux idylliques qui vous emportent vers les premiers temps de la création. Cette contrée encore sauvage de par sa configurations géophysique vous appelle à sa connaissance et à sa mémorisation dans les écrits pour les temps futurs.
                                 

Regardons et imprégnons-nous de la limpidité de cette eau, cette ressource naturelle qui nous vient du ciel et qui se veut vie pour toute chose sur terre comme il est précisé dans le Saint Coran « Et Nous avons fait par  l’eau, toutes les choses vivantes »
                                                                                                            
Nous avions fait le tour du barrage de l’Oued Fodda et nous nous trouvons sur les hauteurs de la rive Est du Barrage où un mausolée d’un saint homme est érigé en Zaouïa et qui est visité par des pèlerins de différentes contrées de la wilaya et même du pays en entier. C’est la Zaouïa de Sidi Mekraz. Juste en face d’elle, une source naturelle dont l’eau est fraiche et vous permet de vous désaltérer. Cette zaouïa a fermé ses portes en 1994 suite aux évènements de la décennie rouge qui ont secoué l’Algérie de fond en comble. Mais actuellement, il y a des visiteurs qui viennent presque tous les week-ends. Il y a une fête (waâda) qui est organisé en l’honneur du Saint Sidi Mekraz chaque année et elle se tient en automne, au mois de Septembre de chaque année. Il y a deux tombeaux à l’intérieur du mausolée et Monsieur Zirar 1er Vice-président de l’APC nous explique que c’est le tombeau de Sidi Mekraz et de son fils.
                                  
C’est le lieu exact où a eu lieu la grande bataille de Béni Boustour et qui a vu une nette victoire de l’ALN sur les troupes françaises dont la majorité des membres furent tués ou fait prisonniers.

D’après notre guide Mohamed Cerbah, chauffeur à l’APC de Béni Bouattab, appuyé dans ses déclarations par Monsieur Zirar Mohamed, premier vice-président de l’APC de la même localité, il y eut une grande bataille dans le lieudit Béni Boustour et la bocca dans laquelle s’est déroulée la bataille se nomme Yesker. La grotte que nous voyons en face de nous dans le flanc de la montagne se nomme « ghar oum ellil ». C’est une grotte en forme de tunnel qui nous servait de refuge lorsqu’on était attaqué et poursuivis par les soldats français.

C’est dans ce décor idyllique que se trouve la grotte « Ghar Oum Ellil » qui servait de refuge aux populations autochtones lors des ratissages et des bombardements par l’armée française de cette zone considérée comme zone interdite. Actuellement, de nos jours, la contrée est désertée par ses habitants depuis la décennie rouge au lieu de noire. Quelques habitants sont retournés et se sont regroupés dans le hameau de Béni Bouattab qui reste encore jusqu’à nos jours une zone très dangereuse et difficile d’accès. Cette grotte nommée « Ghar Oum Ellil » servait aussi de refuge pour les moudjahidines durant la révolution algérienne. Nous avons sillonné en long et en large le territoire de la commune de Béni Bouattab et nous avons constaté qu’il y avait quand même une certaine accalmie, car des postes avancés de gardes communaux et de militaires sont juchés sur les pitons et peuvent observer et dénicher tout mouvement insolite, de nuit comme de 
Les français se trouvaient en face de nous sur le piton d’en face qu’on appelle « Takricht » et qui était occupé par les troupes françaises avec quelques familles indigènes qu’ils ont regroupé de force autour du camp.
Un peu en contrebas du camp militaire, notre guide, Mohamed Cerbah nous montra l’emplacement d’une école coranique à ciel ouvert, durant la révolution dans le lieudit « Sidi M’sabih ». Actuellement, il n’en reste pas grand-chose. Existe seulement la souche d’un arbre millénaire qui se trouvait à l’entrée de l’école coranique de « Sidi M’sabih ». Nous étions plus de trente élèves, garçons et filles, sous l’égide du cheikh Abdelkader Ben Bouaoud, actuellement décédé. Il se rappelle qu’il laissait flotter le drapeau algérien sur l’arbre devant Sidi M’sabih et lorsqu’on entendait le vrombissement des avions ou des hélicoptères, nous le cachions et dès leur partance, nous le déployons et reprenions normalement nos cours.
                                     
C’est notre témoin oculaire des années de braise, à l’emplacement même de l’école coranique de Sidi M’sabih, alors qu’il était élève du cheikh Si Abdelkader Ben Bouaoud. En revenant sur nos pas, nous avions trouvé un pied de vigne qui montait, accroché au glandier dans l’Oued Sid Elabed, non loin de « Ghar Oum Ellil ».






Nous avons recueilli un témoignage vivant d’une grande bataille qui s’est déroulé au lieudit « Béni Boustour ». J’étais avec mes deux amis Hachelaf Ahmed et brik Abdelkader. Nous étions toujours tous les trois de faction sur le piton qui surplombe Béni Bou
Le matin, nous sortons et nous nous mettons sur le pic un peu plus haut. Nous avions remarqué que quatre-vingts camions ont démarré de Lamartine (El-Karimia), lorsqu’ils furent en vue de Béni Boustour, le convoi militaire français a éteint ses feux et est monté jusqu’ici à la faveur de la nuit. Lorsqu’ils ont atteint le plat nous avons eu peur et nous avons pris la poudre d’escampette et nous sommes venus aviser la katiba qui  se trouvait là à quelques kilomètres. Les djounouds de la katiba nous avaient demandé de leur ramener du café et du pain pour le lendemain matin. Lorsque nous nous sommes présentés le lendemain, nous n’avions pas trouvé la katiba. Après un moment, nous avions remarqué deux bonhommes qui s’enfuyaient dans l’oued en contrebas de Béni Boustour. Il y avait un autre qui venait de chez lui pour ramener du café je ne sais pas pour qui. Il a été vu par les sentinelles françaises, ils lui ont tiré dessus, il est mort sur le coup, c’était Nacef Mohamed. L’armée française commençait à tuer et à bruler dans le douar. Ils se sont vus les maitres de la situation, ils avaient par la suite mis leurs armes en dôme « hamara » et ils dansaient et ils tuaient comme bon leur semblait. Ils avaient tué plusieurs vieux et s’étaient approprié les femmes. Ils tuaient sans distinction aucune. Deux bonhommes s’étaient échappés et avaient rejoint la katiba sur l’autre flan de la montagne, c’était Monsieur Abdiche Abdelkader et Medres Kaddour. Ils avaient avisé le responsable de la Katiba qui leur répondit que s’il ne trouvait pas de militaires français, il les passerait par les armes. En effet, il avait peur de tomber dans une embuscade. Il leur dit que si seulement un de ses djounouds était blessé dans une embuscade il les tuerait tous. La katiba était revenue sur ses pas pour s’enquérir de la situation. Dès qu’ils furent en vue du douar Yesker à Béni Boustour, ils ont vu que tout brûlait. La katiba s’est divisé en trois groupes pour encercler les militaires français. Le troisième groupe prit position dans l’oued en contrebas et dès que les militaires français, énervés par les tirs nourris de djounouds, dévalaient les pentes pour se sauver, ils tombaient nez à nez avec les djounouds dans l’oued, qui les abbattaient comme des lapins. Tous les militaires composant l’expédition furent exterminés. Certains soldats français furent emmenés comme prisonniers. La katiba avait fait main basse sur l’équipement et l’approvisionnement des quatre-vingts camions qui furent brûlés, sur les lieux mêmes de la bataille. Malgré le support de l’aviation, aucune issue n’était possible pour les militaires français qui ne connaissaient point le terrain. Il parait qu’il y a eu un capitaine pilote dont l’avion fut descendu, qui a été fait prisonnier. Il était accompagné d’un harki qui voulait le sauver mais  ils tombèrent directement entre les mains des djounouds. Le harki fut tué sur place et le capitaine fut emmené comme prisonnier. Il était exactement midi lorsque la bataille avait commencé. Les soldats français se croyaient en villégiature et c’est au moment de leur déjeuner qu’ils furent assaillis et exterminés. Le lendemain, c’était le Harki Lamech Abdelkader qui accompagnait l’officier d’aviation. Ils furent arrêtés par une patrouille de djounouds. Le harki fut tué sur place et le capitaine fut fait prisonnier. En face du plateau où s’est déroulé la bataille se trouve la grotte dénommée « Ghar Oum Ellil » et un peu plus haut le mausolée de Sidi Mekraz.
                                                                              Cette photo est un souvenir pris le 11 juillet 2009  avec notre témoin, Monsieur Cerbah avec ses enfants et petits-enfants ainsi que Monsieur Chioune Abdennour dit Nourrédine et Monsieur Tiab Mohamed ainsi que Monsieur Zirar Mohamed, 1er Vice-président de l’APC de Béni Bouattab.
 C’est une autre photo souvenir prise à l’occasion (De G. à D. Le petit-fils de notre témoin Monsieur Cerbah, Mohamed Boudia, Zirar Mohamed, et un autre petit-fils.

 C’était sous le couvert de ces rochers, nous dit Cerbah Mohamed, qu’ils poursuivaient leurs cours à l’école coranique de Sidi M’sabih, à ciel ouvert, durant la révolution de 1954 – 1962. (Photo 11 Juillet 2009)
Nous avions sillonné presque toutes les pistes, en compagnie de Monsieur Cerbah Mohamed, chauffeur de l’APC de Béni Bouattab et Monsieur Zirar Mohamed, 1er Vice-président de l’APC de la même commune. Cette photo fut prise lorsque nous quittions les lieux où s’était déroulée la bataille, il y a de cela plus de quarante ans. Cette photo montre l’emplacement exact du douar Yesker à Béni Boustour, dans la commune de Béni Bouattab.
Par mesure de sécurité, nous avions décidé d’emprunter une autre route en revenant vers le siège de l’APC afin d’éviter toute rencontre malencontreuse.
Après cette bataille, la France avait installé un poste avancé sur le plus haut piton de la région nommé « Takrecht » et ils ont regroupé tous les habitants de la région. C’était devenu par la suite une « zone interdite » mais les moudjahidines s’y mouvaient librement poursuivis parfois et presque tout le temps par des bombardements intensifs. Les militaires français ne se hasardaient plus dans les zones au bas relief.
Un autre témoignage de Monsieur Dahmame Abdelkader, né en 1935 dans la région. « Il  y a eu un jour, une dénonciation au sujet du souk Hamou El Houari à Béni Bouattab. Des avions de combat ont commencé à bombarder et tous ceux qui se sauvaient étaient descendus par les militaires qui encerclaient le souk. Il y a eu plus de vingt chahid djounouds et vingt autres civils. Plusieurs furent emmenés aussi comme prisonniers. Moi-même j’étais dans le souk, ce jour-là, et à l’occasion du bombardement, j’ai reçu plusieurs éclats de bombes dans le bras gauche » et il nous montra des cicatrices très profonde































Nous nous arrêtâmes et là, nous nous sommes mis à contempler cette réalisation qui a donné une certaine vie à cette contrée sauvage. Le bassin du barrage s’étendait là, à nos pieds, sur des kilomètres. Son eau est d’un bleu idyllique et vous invite à vous rapprocher afin de goûter à la fraîcheur qui s’en dégageait. Nous prenions des photos à tout-va. L’avidité de pouvoir immobiliser la nature dans nos caméras et appareils photos se faisait de plus en plus pressante au fur et à mesure que l’on découvrait ces sites aussi beaux les uns que les autres.  L’idée de prendre des souvenirs et d’agrémenter notre texte par ceux-ci nous trottait derrière la tête et nous voulions la personnifier et l’ancrer dans la mémoire collective pour des lendemains meilleurs et pour les générations futures qui pourront goûter le plaisir que nous goûtons aujourd’hui et qui nous comble d’une certaine vivacité et d’une certaine attirance vers notre sol et notre patrie combien riche en éléments naturels et en sites formidables et sans pareils peut-être dans le monde entier. Nous avons voulu fixer pour les temps futurs notre attachement à notre terre, notre patrie qui se veut plurielle même dans son essence propre, de par la diversité des ses plaines, de ses montagnes, de ses canyons, de sa faune et de sa flore.  Les aloès étaient là,  gardiens séculaires de ces contrées sauvages, de ces montagnes parfois non encore foulées par le pied de l’homme, de cette terre encore vierge qui ne demande qu’à être domestiquée.
       Nous sommes à l’entrée du domicile de Monsieur Namoune Abdelkader, vice-président de l’APC de Béni Bouattab qui nous invita à déjeuner chez lui. Il a été un hôte remarquable et nous a présenté son frère qui est professeur d’enseignement moyen Namoune Ali, ainsi que leur maman qui est presque centenaire et qui s’est permis le luxe de venir vers nous par ses propres moyens pour nous souhaiter la bienvenue et nous raconter quelque anecdote durant son jeune âge. Nous ne pourrons jamais les remercier comme il se doit pour leur amabilité et leur gentillesse à notre égard, sans oublier leur cousin, le 1
er vice-président de l’APC, Monsieur Zirar Mohamed. La dame s’appelle Mme Namoune Aïcha bent Ahmed.



La photo à droite est un souvenir de notre passage chez cette famille à qui nous souhaitons bonheur et prospérité. (De G. à D. : assis sur chaise : Monsieur Zirar Mohamed, Chioune Abdennour, Mme Namoune, notre hôte, Mohamed Boudia, debout à l’arrière, Monsieur Namoune Abdelkader, vice-président de l’APC, accroupis : Cerbah Mohamed, notre chauffeur et enfin Namoune Ali, PEM, frère de Abdelkader.Nous sommes devant la zouia de Sidi Ahmed Benazza de son vrai nom, Lallak Ahmed, c’était un érudit qui enseignait dans la zaouïa qu’il avait créée lui-même et qui existe de nos jours. Elle est construite en terre battue. On l’appelait « Cheikh Ahmed Benazza ». Il est mort il y a de cela une dizaine d’années. Le jour de sa mort, il y a eu deux arbres qui furent déracinés et couchés sur le sol sans raison apparente. Ce jour-là, il n’y avait ni pluie, ni vent. Cela reste toujours un mystère de nos jours. Il a un fils qui est lui-même imam mais actuellement il est en retraite et habite la ferme à Chlef. Son nom est Lallak Taïeb. Les habitants de cette localité nous ramenèrent du café et du pain en guise de bienvenue, nous les en remercions pour cette marque d’hospitalité. Personne n’a pris la relève de ce saint homme et la zaouïa est actuellement fermée



 Un troupeau de moutons nous barrant la route durant notre retour vers la commune et la daïra d’El Karimi
C’est le lit de l’Oued Boukhouchou qui se déverse dans le barrage d’Oued Fodda, en aval de Béni Bouattab




























Monsieur Zirar Mohamed, Premier vice-président de l’APC de Béni Bouattab nous a raconté une histoire qui a trait à l’appellation de la contrée de Béni Bouattab. En effet, il nous dit que le premier habitant de cette contrée était un bandit qui écumait les lieux et chassait même le lion à ce qu’il paraît. On le surnommait  « Bou’â ». Durant plusieurs années, il fut la terreur de ces parages et personne ne pouvait s’y aventurer sans subir les foudres de guerre de « Bou’â ». Dieu fait si bien les choses qu’un jour, « Bou’â » s’est repenti et est devenu un homme pieux. A partir de ce jour-là, la région fut appelé à son deuxième surnom « Bou’â Tab » qui veut dire que « Bou’â » s’est repenti « Tab ».

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire